TRANS-EUROPA MEDIAS / ACTU AFRIQUE/ CHARLES ATEBA EYENE : AURAIS-TU EMPORTE AVEC TOI TON SECRET ?

Ateba Eyene photo source Cameroon info net (1)

 Agence TEM/ Trans-Europa Médias

http://trans-europa-medias-press.com/

http://www.scoop.it/t/trans-europa-medias

https://www.facebook.com/trans.europa.medias.presse

Un Edito de Gilbert Rocheteau

(Douala, Cameroun)

UNE MORT – UNE TRAGEDIE

Depuis le 21 février 2014 que, comme tout camerounais, j’entendais courir la rumeur selon laquelle Dr. Charles Ateba Eyene venait de rendre l’âme au CHU de Yaoundé (Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé), c’était pour moi trop brut pour être vrai. [pic. 1]

Primo parce que mon attention était dirigée sur la Côte d’Ivoire où certaines sources avançaient la nouvelle du décès du Président Ouattara depuis la France et ensuite parce qu’il n’y avait pas de signes avant-coureurs qui pouvaient indiquer dans la société camerounaise l’imminence d’une telle tragédie pour le Cameroun. Car Charles Ateba, incarnait pour beaucoup, la Voix des Sans Voix.

Je parle de ‘tragédie’ tout comme ce fut à une époque Kotto Bass et Marc-Vivien Foé.

[pic. 2] Le guitariste extraordinairement aimé par la masse populaire camerounaise, Kotto Bass, la nuit du 19 au 20 novembre 1996 tombait sous les drapeaux de la culture camerounaise pourtant il venait ainsi d’entamer la colline de sa carrière d’artiste. C’était un choc, la société s’en était émue et c’était aussi, la fin d’une gloire qui n’avait même pas encore commencé.

Marc Vivien Foé, le 26 juin 2003, au cours de la Coupe des confédérations de la FIFA, s’écroula les yeux révulsés sur le terrain du stade de Gerland de Lyon en France durant le match du Cameroun contre la Colombie. Transporté à l’hôpital, il mourait 30 minutes après, sous les couleurs du Cameroun sur le champ du sport.  [pic 3]

Aujourd’hui, c’est Charles Ateba Eyene, qui laisse la masse populaire camerounaise orpheline de sa pensée libérale et audacieuse.

Au demeurant, je n’ai personnellement pas connu la personne de Charles. Je ne le connais pas pour dire vrai mais j’ai été depuis 2012 touché dans la profondeur de mon âme pour ses positions révolutionnaires, ses attaques directes et froides contre ses camarades du parti dans lequel il était l’un des fervents militants, chose qu’on trouve très rarement chez nos compatriotes tellement la peur au ventre confisque coutumièrement les idées audacieuses qu’ils engrangent en eux.

Chaque Africain en général,  et en particulier chaque citoyen issu des pays africains du Congrès de Berlin, a une orientation personnelle et une personnification de son existence. Est-ce que je ne le dis pas très souvent, « La Pensée est synonyme de l’Action. En refusant de penser, de consacrer son énergie cérébrale pour participer à la marche du monde, c’est faire abstraction de soi au monde, à ce qu’être un sujet ontologique, c’est exister…».

Pour moi, j’ai fait de l’Afrique ma pierre angulaire, mon sacrifice existentiel et j’ai longtemps refusé de m’ingérer ou de m’intéresser des questions intérieures, d’un pays africain peau de panthère, fut-ce mon propre pays parce que j’ai jugé, à titre personnel, que mon combat n’y était pas ; il est celui de la libération de l’Afrique des mains de ces êtres vivants qui pensent que l’humanité entière leur appartient. Pour moi, une Afrique continentale à la chinoise serait la fin de mon histoire, mon rêve le plus extrême et le plus absolu.

Chez Ateba Eyene, c’était d’abord le Cameroun débarrassé du clientélisme, des sectes, des pratiques mafieuses de gestion du bien public, des pratiques de sorcellerie qui  devenaient déjà le quotidien des camerounais, trop pesant et trop ridicule pour un pays qui se veut la locomotive d’une Afrique centrale (en pleine décapitation). Il était sur un pied de combat comme avant lui le Cameroun a connu le journaliste Jules Koum Koum qui dénonçait déjà les sectes et les réseaux mafieux. On se souvient que celui-ci était tragiquement mort écrasé par un grumier [pic.4]. On peut penser aussi à l’écrivain Mongo Beti ou au Cardinal Christian Tumi qui continue de mener ces combats.

Dr. Charles, ce jeune homme, vaillant, téméraire, opiniâtre savait du fond de son cœur qu’il avait bien avant pactisé avec le diable mais qu’il avait fait un repenti public et un mea culpa (sortir de la caverne) pour s’engager sur la voie de la dénonciation, de la mise sur le marché public des grands fléaux qui ne font pas avancer le Cameroun vers la voie de son émergence telle que souhaité par le président national de son parti, notre Président de la République M. Paul Biya.

A lui tout seul, il s’était mis contre lui et portait en lui seul le fardeau de sa guerre contre les sectes, la sorcellerie ouverte exposée dans les cités camerounaises, et surtout l’évasion financière vers les paradis bancaires étrangers par les hobereaux du régime de son mentor.

Depuis 2012 si je m’en tiens à ce que j’avais retenu de lui lors de son passage sur une chaine de télévision privée camerounaise, il investiguait sur les comptes bancaires de certains hauts dignitaires de la république avec son armée électronique, aujourd’hui en moins d’un an, le voilà qui voyage dans les ténèbres, emportant avec lui le secret de ses enquêtes qui aurait peut-être permis à l’Etat du Cameroun de ramener quelques milliards de nos francs qui font la beauté et la fierté de l’économie de nos donneurs de leçons de démocratie et de bonne gouvernance.

POURQUOI LA JEUNESSE CAMEROUNAISE NE S’INTERROGERAIT-ELLE PAS SUR LES CAUSES DE SA MORT ?

Les premiers diagnostiques révèlent que Dr. Charles Ateba Eyene souffrait d’une insuffisance rénale.

On s’est très bien qu’au Cameroun, quelqu’un de l’envergure de Charles ne mourrait pas d’une telle maladie déjà parce que pour lui, il était à l’abri du besoin ; aussi il n’est pas question de moyens insuffisants ou limités pour son traitement, il en avait à suffisance et ensuite parce que, une telle maladie trouverait un traitement quelle que soit la dimension du traitement qu’il devait suivre.

Il est bien évidemment à prendre en compte que la personne, est un être vivant, et qu’il est ou était vulnérable comme tous les autres vivants et qu’il pouvait succomber d’une mort quelles que soient les circonstances lorsque c’était « écrit », il doit mourir ce jour… même si je suis un peu très éloigné de cette idée de la fatalité.

Pour la plus part de jeunes que j’ai rencontrés depuis l’annonce de ce décès, il ne fait l’idée d’aucun doute, Charles Ateba comme ils l’appellent, « est mort pour eux », parce qu’il a osé combattre les poids lourds du régime et ceux-là ont décidé de lui faire payer… d’ailleurs, ne disait-il pas de son vivant : « je veux mourir pour les miens d’abord avant de songer mourir pour le bien de tout le monde. Ma mort sera la contribution que je souhaite apporter au changement de ce pays. Nous devons bâtir un pays indestructible qui va lutter pour le bien de tout le monde; un pays patriotique riche et non égoïste, sorcier, sectaire et tribaliste… » Et que je cite aujourd’hui aussi Sandi Bilong sur le réseau social Facebook, sa page d’accueil « c’est bien dommage, ce départ subit de Charles… je l’ai déjà dit et je le redirai toujours. [Ils] ont tué Charles Ateba. Ces sorciers, ces buveurs de sang et mangeurs de chair humaine, ces adeptes du culte du diable, ces fils et filles de Lucifer, ces disciples du diable ont eu raison de Charles Ateba. [Il] avait bien voulu les combattre, mais, comment combattre quelqu’un avec qui tu manges tous les jours, comment combattre celui avec qui tu dors dans le même lit? Charles voulait combattre ces fausses élites du sud oubliant qu’il était très jeune dans un groupe trop vieux. (…) [Ils] n’ont pas accepté l’arrogance de cet enfant et sa franchise. [Ils] ont voulu le faire partir du comité central et ont croisé le fer avec Semengue [le général Pierre Semengué, ex-chef d’état major de l’armée camerounaise] son oncle. il fallait trouver un autre moyen et lequel? La lâcheté. Oui, je dis bien la lâcheté, car ils ont tous peur de la vérité. Voila le crime de Charles Ateba… ». C’est tout dire l’hystérie collective qui va s’en suivre jusqu’à l’enterrement prévu pour le 29 mars 2014 de ce jeune compatriote mort sous les couleurs pour sa lutte contre le braconnage politique au Cameroun.

CHARLES ATEBA EYENE, FORT SOUTIEN DU PRESIDENT PAUL BIYA.

Le Président Paul Biya, Président du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), est, quoi qu’on dise tout de lui, l’homme qui a su fabriquer une jeunesse camerounaise battante avec un style tout aussi particulier. De cette jeunesse est issue le jeune Charles Ateba (44 ans, reste à confirmer), qui mordicus et jusqu’à l’annonce de sa mort le 21 février dernier, lui vouait tout attachement.

Son combat était articulé et résumé autour du Président Paul Biya. Toutes ses dénonciations étaient mises en avant pour le dédouaner de quelques maux graves dont souffre le Cameroun.  On se pose bien la question de savoir pourquoi le père de la nation n’aurait-il pas été un père protecteur de Charles quand on sait, que lui-même sait que cet enfant de son système devait être la cible potentielle de certaines personnes influentes autour de son régime.

Je ne saurais continuer – au hasard – à plancher sur un sujet aussi sensible que celui-ci mais qui touche la discrétion du Chef de l’Etat camerounais quand on sait que, le père de la nation camerounaise qu’il a su bâtir de ses mains depuis 82, a une manière particulière et singulière de soutenir la jeunesse qui lui est fidèle.

Est-ce que le Président de la République pouvait faire autrement si effectivement, il était écrit dans l’agenda céleste de Charles, que « Charles, tu Me Retourneras ce 21 février 2014 »… Charles aurait été de cette jeunesse qui ne recule pas, même au péril de sa vie et en se sacrifiant pour son pays, s’est sacrifié pour sa propre famille laissant une progéniture malheureuse mais qui est et sera fière d’avoir vu un père combattif, héroïque et irréversible.

Cette mort émouvante de Charles devrait faire penser le Président de la République du Cameroun, que le pire est à venir car Charles incarne de nombreux autres jeunes que certaines personnes n’acceptent pas facilement en eux l’émergence d’une pensée contradictoire… d’autres jeunes sont sur la liste, Dr. Owona Nguini Mathias, Dr. Hilaire Kamga, Patrick Psapack, Banda Kani, Dr. Alain Fogué Tédom et bien d’autres dont je ne peux citer le nom peut-être par oubli mais qui incarnent l’avenir d’un Cameroun futuriste mais que les hobereaux du système souhaitent voir taire à jamais.

C’est cette nouvelle élite que le Président Paul Biya devrait protéger et derrière elle, protéger l’ensemble de la jeunesse camerounaise qui est « le fer de lance de la nation » le disait-il dans l’une de ces allocutions à l’adresse de la jeunesse de son pays.

QUI ETAIT CHARLES ATEBA EYENE ?

news.mboa.info écrivait sur son site internet le 15 mars 2013 que, [pic. 5] Charles Ateba Eyene est un individu pluridisciplinaire et fort actif sur tous les fronts. Il est un acteur de la vie politique et intellectuelle les plus en vue de sa génération. Connu pour ses livres engagés et parfois polémiques, est aussi reconnu comme un membre très actif du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), le parti politique au pouvoir pour lequel il est encore l’un des communicateurs. Avec les élections sénatoriales qui connaissent leur grande première au Cameroun, Charles Ateba Eyene n’a pas hésité à se présenter devant les médias comme candidat au Sénat du Cameroun où il compte amener des « révolutions » comme l’on lui connait.

Auteur de plus de 15 livres ayant connus les uns les autres un succès franc, Charles Ateba n’a vraiment jamais couvert d’éloges les éditeurs nationaux qui pour lui ont des lacunes : manque de professionnels, de comité de relecture, de moyens… Mais, il précise que c’est grâce à la vente de ses livres qu’il gagne aisément sa vie, bien qu’il soit également fonctionnaire du ministère des Arts et de la Culture.

Mais c’est dans les années 1970 que Charles nait d’une mère ménagère et d’un père qui était un technicien des eaux et forêts à l’Est du Cameroun au sein d’une famille polygamique pas aisée. Après ses études primaires, Charles devient un acteur très prolifique sur le plan estudiantin. Il cumule à son actif plusieurs diplômes notamment un doctorat en Communication Politique ; une licence en Lettres Modernes Françaises, un diplôme en Inspection de la Documentation…

Par contre son goût pour la politique lui est impulsé par son père – jadis membre du Rdpc. Charles forge ses armes lors des ses études secondaires et universitaires où il séduit de par ses discours, son éloquence et sa franchise. Justement ce dernier caractère lui a conféré souvent quelques foudres directes. Dans l’un de ses ouvrages il a dénoncé ce qu’il a qualifié de micro-tribalisme du Paul Biya, parlant de la balkanisation de la région du Sud. Dans son livre « Le Cameroun sous la Dictature des Loges, des sectes, du magico-anal et des réseaux mafieux…», il a accroché la franc-maçonnerie du Cameroun ; ce qui lui a valu de vives critiques tant des franc-maçons, de la presse que d’acteurs politiques. Dans « Les paradoxes du pays organisateur », Charles « tape » sur les élites qui profitent du régime en place, ne voulant pas perdre leurs privilèges et leurs postes, mettent des « moyens » pour y parvenir.

Malgré certaines controverses sur sa personne, Charles Ateba Eyene reste une personnalité assez appréciée des jeunes ; ce qui lui a d’ailleurs valu d’être été élu en 2012 comme étant la personnalité préférée des camerounais par le Groupe Multimédias Presse Force One à travers les numéros de l’annuaire téléphonique, choisis au hasard dans les dix régions sur un échantillon de 2000 citoyens, conformément aux référentiels scientifique des instituts d’étude d’opinion TNS-Sofres et BVA.

A LA FAMILLE DU DR. CHARLES ATEBA EYENE…

Patience à la famille du défunt, patience aux progénitures de Dr. Charles Ateba Eyene, au lieu d’adresser à cette famille mes condoléances, je dis ‘Honneur à Charles Ateba Eyene’ et ‘Vive le Cameroun’, car c’est sur le terrain du combat qu’il est tombé. De sa maladie, qu’elle ait été normale ou provoquée, Charles est tombé sur le champ de l’honneur en défendant de l’intérieur notre pays.

Il n’est pas mort vainement, il est mort pour un combat loyal et il entre à jamais dans l’histoire du Cameroun, notre beau pays.

Charles, bravo ! C’est ma manière à moi ici de te rendre hommage… Que la Terre de nos Aïeux te soit légère !

Gilbert Rocheteau

TEM/ 24 février 2014 /

____________________

TEM / Trans-Europa Médias

* TEM Website :

http://trans-europa-medias-press.com/

* TEM Blog / Revue de Presse :

http://www.scoop.it/t/trans-europa-medias

* TEM Profil Facebook :

https://www.facebook.com/transeuropa.medias

* TEM Page Facebook :

https://www.facebook.com/trans.europa.medias.presse

 Kotto Bass source journalducameroun (2)

marcvivienfoe (3)

jules_koum_accident_lej_001_ns_600 (4)

Charle sur facebook (5)

This entry was posted in * Actu Afrique. Bookmark the permalink.

Comments are closed.