# TRANS-EUROPA MEDIAS / ALBANIE : UN AUTRE PAYS EST-EUROPEEN AVEC DES ELECTIONS CHAOTIQUES

EODE - elections news ALBANIE (2013 06 23) FR 1

« J’ai fini des études de droit avec d’excellents résultats mais je n’ai pas réussi à trouver un emploi. Les portes du système sont verrouillées par la corruption »

- Flori Lika, 28 ans, à l’AFP

Législatives ce dimanche en Albanie: pouvoir et opposition revendiquent chacun la victoire … A nouveau un pays d’Europe de l’Est voit le système parlementaire faire faillite et les élections déboucher sur le chaos.

La coalition de droite du Premier ministre Sali Berisha et celle de l’opposition du socialiste Edi Rama ont revendiqué chacune la victoire ce dimanche alors que les résultats ne sont attendus que lundi. Dans ce pays de 2,8 millions d’habitants où les sondages d’opinion sont peu crédibles, les deux camps ont assuré leurs sympathisants de remporter ce scrutin.

140 députés seront élus à la proportionnelle, pour un mandat de quatre ans, parmi plus de 7.000 candidats.

Deux autres petits partis, Le Nouvel esprit démocratique de l’ex-président Bamir Topi et l’Alliance rouge et noire (référence aux couleurs du drapeau albanais et sans aucun référent idéologique), une formation ultranationaliste de type néofasciste qui prône la création d’une « Grande Albanie », ont émergé lors de la campagne électorale.

Par ailleurs, alors que les bureaux de vote devaient fermer à 17H00 GMT, la Commission électorale centrale (CEC) a annoncé avoir autorisé la prolongation du scrutin autant que nécessaire en raison d’un nombre important d’électeurs qui faisaient toujours la queue pour voter. A 13H00 GMT, soit quatre heures avant la fermeture prévue des bureaux de vote, le taux de participation était de 36%, supérieur de 3% par rapport à celui enregistré à la même heure lors du scrutin précédent de 2009.

UN SYSTEME ELECTORAL CONSTAMMENT CONTESTE

Suite à des différends entre le pouvoir et l’opposition, trois des sept membres de la Commission électorale centrale (CEC) ont démissionné en avril, laissant la Commission sans la majorité nécessaire de cinq voix pour proclamer les résultats du scrutin. « J’encourage les dirigeants politiques à éviter toute action qui pourrait avoir un impact négatif à moyen et long terme sur le développement de l’Albanie, en échange de gains politiques à court terme », a exhorté le chef de la mission de l’Organisation pour la Sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Tirana Eugen Wollfarth.

On notera à nouveau, comme en Bulgarie récemment, l’absence de toute mission de monitoring électoral – du type d’EODE – indépendante et non-alignée sur l’OTAN. Les budgets étant réservés aux organismes occidentaux …

En juin 2009, l’opposition avait refusé de reconnaître les résultats du scrutin, estimant qu’il avait été émaillé d’irrégularités. Un climat de méfiance règne depuis entre le pouvoir et l’opposition qui avait finalement accepté de siéger au Parlement.

Ces élections sont surveillées de près par Bruxelles qui a déjà, à deux reprises, refusé d’octroyer le statut de candidat à l’adhésion à l’UE à ce pays où, depuis la chute du régime communiste en 1990, appuyée par l’Occident, les résultats des élections ont été systématiquement contestés.

Les principaux rivaux – une coalition de droite formée autour de M. Berisha et une autre de gauche menée par M. Rama -, prônent unanimement l’adhésion à l’UE ainsi que le redressement d’une économie sinistrée.

Le tout sur arrière-plan de crise économique. Durant la campagne, Berisha, un cardiologue de profession âgé de 69 ans, qui domine le paysage politique depuis plus de 20 ans, s’est employé à séduire les électeurs en promettant une augmentation de 6% des salaires et des retraites. Le chômage touche 14% de la population, mais selon l’opposition le taux est supérieur à 40% dans les régions les plus déshéritées du nord de ce pays pauvre. La dette de l’Albanie atteint 62% du PIB et la croissance économique en 2012 a atteint 1,5%.

DES LEGISLATIVES A RISQUE SUR FOND DE VIOLENCES , UN MORT ET TROIS BLESSES

La mort d’un militant de l’opposition et des divergences au sein de la commission électorale entachaient aussi ce dimanche le déroulement des législatives en Albanie et risquaient de refroidire durablement ses espoirs de rapprochement avec l’Union européenne. Trois autres personnes, dont un candidat du parti de droite au pouvoir du Premier ministre sortant Sali Berisha, ont été blessées dans cet incident qui a eu lieu dans la matinée à Laç, à 40 kilomètres au nord de Tirana.

Le chef de l’opposition, le socialiste Edi Rama qui s’est aussitôt rendu sur place, a dénoncé « un grave incident politique (…) visant à intimider les électeurs ». « M. Berisha doit assumer l’entière responsabilité. Il doit partir à tout prix » du pouvoir, a ajouté l’ancien maire de Tirana, âgé de 48 ans. nAprès avoir voté à Tirana, sans commenter cet incident, M. Berisha a dit vouloir « assurer les citoyens que leurs voix seront respectés » et a qualifié d’ »inacceptable, toute forme d’intimidation ».

TEM /  avec EODE – RIA Novosti – AFP / 24 Juin 2013 /

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