# TRANS EUROPA MEDIAS / ELECTIONS MUNICIPALES AU VENEZUELA (1). UN TEST POUR LE PRESIDENT MADURO

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Venezuela: le président Maduro face au verdict des municipales …

Les Vénézuéliens votent dimanche pour des municipales faisant figure de premier test électoral pour le président Nicolas Maduro, héritier de Chavez, confronté à de graves difficultés économiques (organisées en grande partie par la bourgeoisie et ses soutiens occidentaux) après avoir été élu étroitement en avril dernier.

Maduro, héritier politique de Hugo Chavez, décédé en mars d’un cancer, a appelé ses concitoyens à voter en masse ce dimanche, se référant une nouvelle fois à l’héritage de son charismatique prédécesseur, au pouvoir de 1999 à 2013. « Que tous les patriotes aillent voter, pour offrir en ce jour une victoire à notre commandant (Hugo Chavez) et garantir la paix et le futur de la patrie », a-t-il exhorté sur son compte Twitter.

Samedi soir, il avait également appelé à « la sérénité » alors que l’élection pourrait être très disputée dans certaines mairies. Le scrutin s’effectue sous la surveillance de quelque 120.000 soldats. Car les élections présidentielles d’avril 2013 avaient été suivies d’émeutes insurrectionnelles, une tentative avortée (provisoirement ?) de nouvelle « révolution de couleur ».

120.000 SOLDATS DEPLOYES POUR LE SCRUTIN

Plus de 13.500 bureaux ont ouvert leurs portes à partir de 06H00 locales (10H30 GMT). Les quelque 19 millions d’électeurs sont appelés à élire 337 maires et 2.455 conseillers municipaux.

Dès l’aube, des dizaines de milliers de jeunes partisans du gouvernement ont commencé à former des files d’attente dans de nombreux bureaux de vote à travers le pays. Dans le même temps, les ‘Unités de bataille Bolivar Chavez’ (UBCH), la base activiste du Front chaviste et du PSUV (le Parti Socialiste Unifié du Venezuela, fondé par Chavez) composées de jeunes militants, ont commencé très tôt à mobiliser les sympathisants du gouvernement pour qu’ils aillent voter.

Pour ce 17e scrutin national au Venezuela en moins de 15 ans, l’opposition, elle, largement financée, a coordonné des opérations de covoiturage sur les réseaux sociaux pour éviter de perdre les voix de partisans privés de moyen de transport.

Les premiers résultats sont attendus environ trois heures après la clôture des opérations de vote, prévue vers 18H00 locales (22H30 GMT).

LES ENJEUX : LA STABILITE DU REGIME SOCIALISTE

L’enjeu principal de ces élections locales est de mesurer l’adhésion des Vénézuéliens au gouvernement socialiste de M. Maduro, élu d’une courte tête en avril (mais pas plus mal que la plupart des présidents français depuis Giscard).

Perçu dans ses premiers mois comme impuissant face aux pénuries, à l’inflation galopante (54% depuis janvier) et à l’explosion du dollar sur les marchés parallèles, l’ex-ministre des Affaires étrangères s’est démené ces dernières semaines pour apparaître comme un homme d’action face à la crise qui frappe le pays aux plus importantes réserves mondiales de pétrole.

Le 20 novembre 2013, il a obtenu du Parlement le pouvoir de légiférer par décret pendant un an pour lutter contre la corruption et répondre à la « guerre économique » déclenchée selon lui par des secteurs de l’opposition avec l’appui de Washington. Autoproclamé « président justicier », M. Maduro a immédiatement pris une série de mesures pour forcer la baisse des prix, notamment de l’électroménager et des véhicules, et menacer les spéculateurs de prison.

Quelques jours avant le scrutin, les sondages privés auxquels l’AFP a eu accès ont révélé que le volontarisme affiché par M. Maduro et ses « mesures teintées de populisme » étaient « favorablement accueillies par une frange importante de la population ».

PSUV VERSUS MUD

Fort d’une solide implantation locale, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) contrôle actuellement plus de 80% des municipalités, et les enquêtent laissent entendre qu’il pourraient en conserver environ les deux tiers.

Pour la Table de l’unité démocratique (MUD), la principale coalition de l’opposition, ces élections seront tout autant déterminantes pour évaluer son implantation. Et son leader libéral Henrique Capriles, battu en avril face à M. Maduro, a qualifié le scrutin de « moment historique » pour mesurer le rapport de forces après 14 années de gestion « chaviste ».

Pour l’opposition, qui contrôle une cinquantaine de municipalités, le doublement de ses mairies constituerait un résultat satisfaisant, même si cela en laisserait environ 230 au PSUV.

Mais le plus grand défi de la MUD réside dans le maintien de sa domination sur les grandes villes, et surtout sur la « super-mairie » de la Métropole de Caracas (composée de cinq communes) et la ville côtière et pétrolière de Maracaibo.

Si à Caracas l’opposant Antonio Ledezma devrait sauf surprise se maintenir, la maire sortante de Maracaibo Eveling Trejo apparaît en mauvaise posture face au jeune candidat socialiste Miguel Perez Pirela.

RAPPELONS CE QU’EST LE ‘MUD’ :

UNE OPPOSITION REVANCHARDE QUI REVE D’UNE « REVOLUTION DE COULEUR »

Le MUD est un bloc anti-chaviste regroupant des partis du centre, de la gauche et de la droite, allant de certains trotskistes à l’extrême-gauche à des groupuscules d’extrême-droite néofascistes (configuration qui est aussi celle de l’opposition à Poutine en Russie). Sa base sociale est la bourgeoisie chassée du pouvoir par la Révolution bolivarienne.

Le chef de file du MUD Henrique Capriles, déjà l’un des putchiste de 2002, a régulièrement accusé le pouvoir de gauche bolivarien « d’abus de pouvoir », qualifiant de « fraude constitutionnelle » la prise de fonction de M. Maduro. Et lançant au travers d’émeutes insurrectionnelles une tentative de nouvelle ‘révolution de couleur’ en avril 2013.

Le Vénézuela est depuis dix ans la cible permanente des opérations de déstabilisation organisées depuis les USA, la principale tentative ayant eu lieu lors de la présidentielle de 2007. Sur un schéma similaire à celui des « révolutions de couleur » en Europe de l’Est ou des débuts du « printemps arabe » au Proche-Orient.

Qu’attendre d’autre de Capriles, le chef des anti-chavistes ?

Dont aucun média occidental ne rappelle jamais le vrai parcours. Héritier d’une grande dynastie bourgeoise, immensément riche, candidat chéri de Washington. Et surtout l’une des figures clés du putch made in USA de 2002 organisé par les USA – avec déjà les réseaux de la CIA et les nervis de l’extrême-droite néofasciste – et des officiers félons : c’est Capriles qui avait notamment organisé les émeutes devant l’ambassade de Cuba et avait lui-même avec ses hommes de main violé l’extra-territorialité de l’ambassade …

TEM / avec EODE / 11 déc. 2013 /

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