# TRANS-EUROPA MEDIAS / ELECTIONS PRESIDENTIELLE, LEGISLATIVES ET MUNICIPALES AU HONDURAS, ‘LE PAYS LE PLUS VIOLENT DU MONDE’

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Une élection présidentielle se tenait ce 24 novembre 2013. Dans un climat difficile. Il s’agissait d’oublier le dernier coup d’état et de conjurer la tentation de la violence dans « le pays le plus violent du monde » selon les médias.

L’élection de dimanche était vécue à la fois comme un moyen de panser les plaies nées du coup d’Etat de 2009, et comme une occasion historique d’alternance politique dans un pays dirigé par deux partis de droite (le Parti national et le Parti libéral) depuis plus d’un siècle.

HONDURAS: UNE PRÉSIDENTIELLE POUR TOURNER LA PAGE DU COUP D’ETAT

Ce Dimanche, dans les rues de la capitale, sous un soleil ardent, de nombreux automobilistes circulaient en klaxonnant et brandissant des drapeaux aux couleurs de leur parti, créant des embouteillages aux alentours des bureaux de vote, où s’étaient formées de longues files d’attente. Huit candidats étaient en lice dimanche pour diriger l’un des pays les plus pauvres du continent. Les électeurs ont également désigné leurs 128 députés et leurs 229 maires.

En raison de « la participation massive », alors que l’abstention avoisine généralement les 50%, les bureaux de vote sont restés ouverts une heure de plus que prévu. « Nous avons vécu une fête historique. La fête civique s’est déroulée dans le calme », s’est félicité le président du TSE, soulignant « la participation massive » des électeurs, annoncée officiellement à 61%, un record dans ce pays où elle tourne plutôt généralement autour de 50%.

Autre motif de satisfaction, la journée s’est déroulée sans incident majeur, dans le pays affichant le plus fort taux d’homicide de la planète (85,5 pour 100.000 habitants en 2012, soit environ 20 meurtres par jour).

Encadrés par 25.000 policiers et militaires chargés d’assurer la sécurité de l’élection, les Honduriens ont voté sous un soleil radieux pour désigner le successeur du président Porfirio Lobo (Parti National), élu en 2009 dans la foulée du coup d’Etat au cours d’un scrutin alors boycotté par l’opposition de gauche.

OUBLIER LE COUP D’ETAT DE 2009

L’un des principaux enjeux de ce scrutin à un tour était de panser les plaies nées de ce coup d’Etat militaire, appuyé par la droite et les milieux d’affaires. »Ma famille est restée divisée, dès que nous parlons politique, nous nous disputons », témoignait ainsi dans la journée Elvia Hernandez, femme au foyer de 48 ans, après avoir voté à Tegucigalpa.

Avant le vote, des analystes craignaient qu’un résultat serré ne soit porteur de contestations et de violences. Environ 800 observateurs étrangers ont été déployés pour garantir la transparence du scrutin.

« GAGNER DE L’ARGENT EN TUANT » …

CONJURER LA VIOLENCE

Actuel président du Congrès, M. Hernandez, homme d’affaires prospère âgé de 45 ans, partisan du coup d’Etat de juin 2009 et parfois taxé d’autoritarisme, a fait campagne sur le thème de la sécurité, promettant de lutter d’une main ferme avec l’appui de l’armée contre une criminalité galopante.

Un message apparemment bien perçu par la population. « Le principal problème est la violence, causée par le chômage. Les gens se sont habitués à gagner de l’argent en tuant », confirmait dans la journée Pedro Garay, un économiste retraité de 72 ans, après avoir déposé son bulletin dans l’urne.

A gauche, Mme Castro proposait elle l’instauration d’un « socialisme démocratique » et la « refondation » d’un pays divisé entre pro et anti Zelaya. Son mari, candidat à un siège de député, a d’ailleurs été omniprésent dans la campagne.

DEUX CANDIDATS REVENDIQUENT LA VICTOIRE A LA PRESIDENTIELLE

Les deux candidats en tête de l’élection présidentielle de dimanche au Honduras revendiquaient tous deux la victoire dans la nuit de dimanche, laissant craindre des heurts post-électoraux dans ce pays violent.

Le candidat du Parti national (droite) au pouvoir, Juan Orlando Hernandez, a le premier proclamé sa victoire. « Je vais être le prochain président du Honduras », a-t-il lancé après le décompte de seulement 34% des voix, au vu de ses près de six points d’avance. « Je suis la présidente du Honduras », a affirmé de son côté sa principale opposante, Xiomara Castro (gauche), à peu près au même moment.

Quelques heures plus tard, alors que les chiffres, avec plus de la moitié des bulletins dépouillés, donnaient toujours plus de cinq points d’avance à Hernandez, à 34% contre 29% à Mme Castro, le mari de celle-ci, l’ex-président Manuel Zelaya, a accusé le pouvoir de vouloir « voler » la victoire à son épouse. « Xiomara gagne la présidence. Ils ne peuvent pas nous faire ça. Ils sont en train de nous voler l’élection », a-t-il accusé au cours d’une conférence de presse, avant d’annoncer une « réunion d’urgence » pour décider des actions à mener pour refuser les résultats officiels.

Le Tribunal électoral suprême (TSE) a annoncé, après décompte de 54,5% des voix, un score de 34,3% pour Hernandez contre 28,7% à Castro. Un troisième candidat, Mauricio Villeda du Parti libéral, recueille près de 21%.

« Ce que fait le tribunal ne résiste pas à l’analyse. Nous n’acceptons pas ce résultat », a lancé l’ex-président. M. Zelaya, d’abord élu au nom du Parti libéral (centre droit), avait ensuite été chassé du pouvoir en 2009 par un coup d’Etat militaire lorsque la droite et l’armée avaient jugé qu’il virait trop à gauche. Après sa destitution, il avait créé le parti de gauche pour lequel sa femme était dimanche candidate à la présidence, et lui-même candidat député.

TEM / avec AFP – EODE / 25 nov. 2013 /

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