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TEM - posts - EXPO rp zeng fanzhi (2014 01 08) (1)

Zeng Fanzhi

Au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Première rétrospective à Paris consacrée au peintre chinois dont l’œuvre énigmatique entremêle thèmes traditionnels et figures du pop art…

«Mon travail reflète mes émotions dans la Chine d’aujourd’hui»

- Zeng Fanzhi

REVUE DE PRESSE :

Libération (Paris) présente « Zeng Fanzhi, onirique fantaisie ».

Extraits :

« Dans la rétrospective du peintre chinois Zeng Fanzhi, installée jusqu’à la mi-février au musée d’Art moderne de la ville de Paris (MAM), on voit des paysages comme reclus derrière des fils barbelés, des portraits d’individus masqués aux mains démesurées et là-bas, au fond, des quartiers de viande se confondant à des hommes et des femmes au regard muet. «Zeng Fanzhi se démarque des autres peintres chinois par le mystère qui entoure son œuvre», résume Henry Périer, le conseiller scientifique de l’exposition ».

« Très vite, pourtant, d’une toile à l’autre, quelque chose accroche sans qu’on puisse dire quoi, un langage non verbal qui interpelle. Il y a des thèmes qu’on connaît, tel ce lapin qui a des airs de Dürer (Hare, 2012) ou encore cet homme aux cheveux blancs coupés au carré qui, dans des couleurs pop, siffle une ballade warholienne (Fly, 2000). Néanmoins, chaque toile, comme chacune des trois périodes de l’artiste, résonne d’une somme d’interrogations. Pourquoi ces médecins à la peau rouge comme de la chair à vif (Hospital Triptych n° 2, 1992) ont-ils un regard fixe de zombie ? Pourquoi ces viseurs dans les yeux des hommes masqués ? Quant à la représentation de Mao en surimpression sur la place Tiananmen (Tian’An Men, 2004) : hommage, critique, ou ricochet du pop art ? »

ZENG FANZHI : BIO EXPRESS

Libération donne une bio express du peintre chinois au travers du prisme de son peuvre :

« La première chose à savoir à propos de Zeng Fanzhi, c’est que, bien que né en 1964 et ayant grandi pendant la Révolution culturelle, il n’exprime dans son œuvre aucune idéologie politique. «Mon travail reflète mes émotions dans la Chine d’aujourd’hui», affirme-t-il. C’est effectivement l’évolution d’un homme et d’un artiste que nous sommes invités à regarder ici. Recalé aux beaux-arts en 1991 avec son premier Hospital Triptych, Zeng Fanzhi ne peut pas enseigner comme il l’avait envisagé. Ses entre-mondes aux corps sanguinolents effraient. Pourtant, déjà à cette époque, c’est «le réel» qu’il peint, son réel. Il vit alors dans une cité universitaire sans toilettes et utilise celles de l’hôpital tout proche, croisant un monde de souffrance, qu’il saisit dans une fixité silencieuse. Un jour de canicule, il est choqué de voir des gens dormir dehors, contre d’énormes pièces de viande tout juste sorties des congélateurs.

Recalé, donc, le voici embauché dans une agence de publicité, au début des années 90. Il y découvre un univers, des codes graphiques qui modifient son rapport à la couleur et épurent ses formes. Il quitte Wuhan, à 800 kilomètres à l’ouest de Shanghai, pour s’établir à Pékin où il découvre la vie urbaine, avec «des difficultés à rencontrer du monde», explique-t-il. Le pays est alors en pleine mutation économique. «Tout le monde portait des costumes, raconte le peintre, mais ça avait quelque chose d’un peu faux.» Il détourne les codes de la propagande, s’appuie sur le pop art, utilise des couleurs vives, «pour que les personnes aient l’air encore plus faux». La période des masques montre des individus aux visages identiques, souriants, voire hilares (Mask Series n° 8, Rainbow, 1997), représentés au milieu de fleurs, peut-être lors de défilés militaires, si l’on en croit les avions déchirant le ciel bleu. Leurs mains gigantesques sont «celles de travailleurs, une allégorie de ce qu’on ne peut cacher», estime François Michaud, commissaire de l’exposition. Les individus deviennent ainsi des hommes-sandwichs, entre Orient et Occident, déformés par une vision de la vie qui n’est pas la leur (…) En 2002, Zeng Fanzhi produit une première toile abstraite, Untitled n° 1, qui ouvre sa série de paysages. Certains d’entre eux sont habités, comme l’étonnant Night, qui figure une femme de dos marchant sur le bord broussailleux d’une route, de nuit. La lumière y est hollywoodienne, comme si Hitchcock ou Welles y avaient posé leurs projecteurs. Mais ce qui frappe, comme d’ailleurs dans chacun des paysages «habités» de Zeng Fanzhi, c’est qu’il semble impossible d’entrer en contact avec le sujet représenté (…)

L’anecdote dit que, jeune homme, Zeng Fanzhi se rendit à une exposition d’art par ses propres moyens. Pauvre, il se nourrit, tout au long du voyage, de pastèques, unique denrée qu’il pouvait se payer. Ce fruit, il le garda comme un objet incarnant son histoire personnelle, qu’il donne pourtant à partager lors de sa Cène (The Last Supper, 2001) – chair et sang en guise de pain et de vin – à des individus aux masques identiques. Figuration d’une réunion de Jeunes Pionniers (dont a été exclu l’artiste) ? Autoportrait collectif ? Composition-hommage à Léonard de Vinci ? Mystère… »

http://next.liberation.fr/arts/2014/01/06/zeng-fanzhi-onirique-fantaisie_970914

Zeng Fanzhi

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 75016.

Jusqu’au 16 février.

Rens. : www.mam.paris.fr

Visuels :

Zeng Fanzhi « Mao’s Song Poem of Snow, No. 2″ (2006) oil on canvas.

Zeng Fanzhi, Tiananmen.

TEM / 8 janvier 2014 /

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