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TEM posts - LIVRE La chimie des larmes (2013 12 24) (1)

Peter Carey

Editeur : Actes Sud

Le nouveau roman de Peter Carey fait dialoguer magistralement deux voix et deux destins.

Séparés par plus d’un siècle, deux êtres fous d’amour et de chagrin poursuivent le même but : alors qu’en 1854, Henry Brandling, un aristocrate anglais, cherche en Forêt-Noire un horloger capable de construire un jouet mécanique qui guérira son fils, Catherine Gehrig affronte en 2010 la mort de son amant secret en restaurant le même automate au sein du musée londonien où elle officie comme conservatrice.

Reliés par des carnets (que l’un écrit et que l’autre lit) et par leurs interrogations sur la mort, l’amour et la technique, ces deux personnages émouvants découvrent progressivement que ce jouet mécanique recèle des mystères bien plus grands.

La Chimie des larmes est un grand roman sur la force créatrice et sa participation à notre capacité de résilience.

DE COURTS EXTRAITS …

« Nous savions, elle et moi, écrivait Henry Brandling en 1854, comment un enfant pouvait enchanter votre âme ou vous tordre les veines et vous emplir en permanence de crainte et de tremblement. »

« Cent fois, aux petites heures du jour, je me suis réfugiée auprès d’Henry Brandling, dont l’écriture légèrement automatique masquait en partie l’étrangeté des événements qu’il décrivait. Son histoire constituait, au meilleur comme au pire sens du terme, un récit intrigant. De fait, on était souvent déconcerté ou frustré par ce qu’il avait omis. La narration était pleine « d’embardées » brutales et déconcertantes. »

« J’étais le moteur de Percy, son énergie, sa pile voltaïque. Je le nourrissais à l’encre de ma plume en lui décrivant la fabrication d’un automate que je n’avais jamais vu. Ainsi passais-je mes journées. »

« Henry, ton cygne d’argent était magnifique et impitoyable (…). Chacun de ses inquiétants mouvements était fluide et sinueux comme s’il était vivant (…) ce cygne ne nous était absolument pas familier, pas une seule seconde, mais au contraire mystérieux, sinueux, ondulant, gracieux… Quand il se tournait pour regarder quelqu’un dans les yeux, les siens restaient de l’ébène la plus sombre jusqu’au moment où, le soleil touchant le bois noir, ils flambaient. Il n’avait pas le sens du toucher. Il n’avait pas de cerveau. Il était aussi sublime que Dieu.»

« On y a fixé une structure de forme cubique, sans couvercle, et à l’intérieur du cube se trouve le bateau dans lequel est enfermée la créature. »

CE QU’ILS EN DISENT /

La critique des ‘Mots de la Fin’ :

« Nous sommes à Londres en 2010. Catherine Gehrig, horlogère au musée Swinburne est effondrée ; Matthew, son amant depuis treize ans vient de mourir. Cette liaison secrète la contraint à intérioriser son chagrin, pourtant immense. Comment faire son deuil dans de telles conditions ? Comment retenir ses larmes ? Comment trouver la force pour avancer dans la vie alors que son amour est parti ?

Son supérieur hiérarchique (le seul à connaître la situation délicate de Catherine) lui propose une nouvelle mission qui, pense-t-il devrait occuper son esprit. Il lui confie la restauration d’un automate du dix-huitième siècle qui aurait été imaginé par l’illustre Vaucanson.

Sur le point de refuser ce travail, elle découvre au fond d’un des nombreux cartons contenant les pièces de l’automate, plusieurs carnets ayant appartenu à un aristocrate anglais nommé Henry Brandling. Les écrits de cet homme date de 1854 (…)

Le roman de Peter Carey s’articule autour de Catherine et Henry, deux personnages dissemblables au premier abord. Pourtant, en lisant les mots de Brandling, Catherine perçoit comme un écho en elle : la mort et l’amour mêlés, l’attente, l’impatience, la crainte… et ce lien concret ; cet objet en fabrication quelque part dans la Forêt Noire en 1854 et ce même automate en reconstruction chez elle aujourd’hui.

La chimie des larmes est un roman intéressant et intelligent sur la résilience. Sa construction habile fait alterner deux voix (un qui écrit, l’autre qui lit), deux espace-temps, et forcément deux styles pour raconter ces destins. Je regrette néanmoins les longueurs, descriptives et techniques qui ont gênées quelque peu ma lecture. »

La critique de ‘La Cause Littéraire’ :

« Des rouages, des engrenages, un mécanisme, un dispositif, une animation, autant de mots concernant l’écriture d’une histoire comme la précision d’une horlogerie. Animer, n’est-ce pas créer un mouvement susceptible de se répéter (presque) sans intervention humaine ?

Le cygne n’est-il pas à la fois symbole masculin et féminin, et emblème de l’alchimie ?

Pour tenter de sauver la vie de son fils Percy, atteint d’une maladie incurable, Henry Brandling en désespoir de cause décide d’entreprendre un voyage en Allemagne – pays des plus fins horlogers – pour y faire construire un merveilleux automate en vue de divertir son enfant.

Deux siècles plus tard, ses carnets de voyage ainsi que les pièces et rouages d’un grand automate se voient confiés à une conservatrice londonienne, Catherine Gehrig, qui vient de perdre son amant, lui-même conservateur dans le même musée. Quoi de commun entre ces deux personnages ? La force d’un amour désespéré, et l’automate mystérieux. »

L’AUTEUR :

Peter Carey né en Australie en 1943, vit à New York où il enseigne la littérature. Lauréat, en 2003, du prix français du Meilleur livre étranger pour son roman Véritable histoire du gang Kelly (Pion, 2003), il fait partie du club très fermé des auteurs ayant reçu par deux fois le prestigieux Booker Prize. En cours de traduction dans une quinzaine de pays, La Chimie des larmes est son douzième roman et le premier à être traduit en France chez Actes Sud.

Editeur : Actes Sud

Collection : Lettres Des Antipodes

Isbn : 978-2-330-02231-0

Ean : 9782330022310

Nb. De Pages : 325 Pages

http://www.lacauselitteraire.fr/la-chimie-des-larmes-peter-carey

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