# TRANS-EUROPA MEDIAS / SARKOZY, UN RETOUR EN FANFARE QUI TOURNE AU VINAIGRE

TEM - ACTU - Sarkozy, un retour en fanfare qui tourne au vinaigre (2014 10 02)

Annoncé en fanfare il y a deux semaines, le retour en politique de l’ex-président français Nicolas Sarkozy s’est vite trouvé contrarié par des rivaux déterminés à l’empêcher, une opinion qu’il peine à convaincre et surtout la justice qui s’intéresse de près à ses comptes de campagne 2012.

Jeudi, un de ses proches, Eric Cesari, ancien directeur général du parti de droite UMP, a été placé en garde à vue avec deux ex-cadres de cette formation dans l’enquête sur un système de fausses factures présumées lors de la campagne présidentielle remportée par François Hollande.

Leur interpellation survient au lendemain de l’inculpation de trois ex-dirigeants de Bygmalion, une société organisatrice des meetings de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne 2012.

Ce mercredi, devant le juge, un cofondateur de Bygmalion, Guy Alvès, a confirmé sa participation à une vaste fraude permettant de maquiller les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. « Un dispositif (…) aux termes duquel l’UMP prenait en charge de façon irrégulière des frais de campagne de Nicolas Sarkozy », a déclaré son avocat, Me Patrick Maisonneuve.

Cette manoeuvre devait permettre au budget de la campagne de Nicolas Sarkozy de ne pas exploser le plafond que la loi fixe pour que les candidats soient sur un pied d’égalité, soit 22,5 millions d’euros. Selon une évaluation figurant au dossier, pas moins de 18,5 millions d’euros supplémentaires auraient ainsi été cachés des dépenses officielles.

Fin juin, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour « faux et usage de faux », « abus de confiance » et « tentative d’escroquerie ».

Les enquêteurs veulent maintenant déterminer comment le système a été mis en place et qui en a donné l’ordre. Ils veulent notamment savoir si Jean-François Copé, alors président de l’UMP contraint depuis à la démission, et Nicolas Sarkozy lui-même, pouvaient l’ignorer. Le contrôle judiciaire des anciens dirigeants de Bygmalion inculpés leur interdit de rencontrer Copé et Sarkozy.

« J’ai appris le nom de Bygmalion longtemps après la campagne présidentielle », a assuré l’ancien chef de l’État à la télévision française le 21 septembre. Mercredi soir, François Fillon, son ancien Premier ministre pendant cinq ans (2007-2012) devenu l’un de ses principaux rivaux à droite, s’est nettement démarqué de ce propos, affirmant avoir « souvent entendu parler de Bygmalion (…) qui travaillait régulièrement avec l’UMP ».

Cette accélération de l’enquête judiciaire survient moins de deux semaines après l’annonce par Sarkozy qu’il entendait briguer la présidence de l’UMP, tremplin pour la présidentielle de 2017, avant laquelle il devra d’abord se défaire lors d’une primaire à droite en 2016 de ses rivaux, François Fillon et surtout Alain Juppé.

Ce dernier a reçu jeudi un appui de poids en la personne de l’ancien chef de l’Etat Jacques Chirac qui, à 81 ans et malgré des ennuis de santé, reste très apprécié des Français.

« Si j’en avais l’énergie, j’aurais déjà réservé ma place, même petite, à son QG » de campagne, a dit au quotidien Le Figaro M. Chirac qui n’a jamais tari d’éloges pour son ancien Premier ministre alors qu’à l’inverse, il voue une forte détestation à celui qui lui a succédé à l’Elysée, Nicolas Sarkozy. Le souci est que si Sarkozy reste présumé innocent, Juppé est un délinquant, condamné par les tribunaux de la République.

Selon un SONDAGE YouGov/Le Huffington Post/i-Télé publié ce jeudi, une majorité de Français (56%) n’est d’ailleurs pas favorable au retour en politique de Nicolas Sarkozy, honni par la gauche mais aussi par beaucoup de centristes.

Autre coup dur cette semaine pour M. Sarkozy, l’élection à la présidence du Sénat de Gérard Larcher, un « pro-Fillon » préféré par les sénateurs de l’UMP à l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui, selon le journal Le Monde, « a payé son soutien trop affiché à l’ancien président de la République ».

Pour le député UMP Henri Guaino, ex-plume de Nicolas Sarkozy, l’ancien chef de l’Etat, en briguant la présidence de l’UMP dont l’élection est prévue le 29 novembre, s’est « mis dans une situation extrêmement difficile à gérer ». « C’est une difficulté d’être à la fois chef de parti après avoir été président de la République, de revenir s’adresser aux militants, et ensuite de se réadresser aux Français, c’est un aller-retour qui est extrêmement difficile », a-t-il estimé mercredi.

Alors, comment se déroule le retour de Nicolas Sarkozy ? « Ca se passe… », a-t-il lâché, après un soupir…

TEM/ avec AFP / 3 octobre 2014 /

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